| Cinéma : Un conte de Noël |  |
France, 2008, 2h30
Un film de Arnaud Desplechin
Avec Catherine Deneuve, Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric, Jean-Paul Roussillon, Anne Consigny...
Comédie dramatique
Cinémascope
Henri a de gros ennuis professionnels et financiers. Pour éviter à leur père Abel d’hypothéquer, Elizabeth décide de payer les dettes de son frère, à condition qu’Henri disparaisse de sa vie et de la famille. Cinq ans passent, Noël approche. Junon, la mère, apprend qu’elle a un cancer rare, qui couve, et que seul un donneur descendant et compatible pourrait sauver, grâce à sa moelle osseuse. Tout le monde se réunit dans la maison d’Abel et Junon à Roubaix. L’aînée Elizabeth, son fils ado perturbé Paul et son mari Claude. Le cadet Ivan, sa femme Sylvia et leurs deux garçons. Le cousin Simon. Et Henri, convié par Paul, qui débarque avec Faunia. Retrouvailles, confrontations, révélations, secrets consanguins, ce noël va bouleverser le cercle familial.
Irrémédiablement travaillé par l’individu et le collectif, le doute et l’agitation, l’intime et la mort, Arnaud Desplechin revient quatre ans après ROIS ET REINE, avec un ballet hivernal magistral. Le lien familial nourrit ici un récit tentaculaire, d’une densité rare, où les ombres du passé et les éclats du présent s’entrechoquent avec fracas. Mais aussi avec malice, car, au-delà des traumas enfouis et du tragique qui menace, la vivacité et l’ironie des vivants mènent la danse. Le cinéaste/orfèvre déroule ainsi son kaléidoscope humain avec maestria : mise en scène et montage embarquent le spectateur dans un voyage nourri de jeux avec les codes (ouverture à l’iris), les accélérations et les respirations, où chaque convive a son histoire et existe à l’écran, comme autant de voiles qui se dévoilent. Dans cet univers provincial et bourgeois, où l’on brique l’argenterie, où l’on va à la messe de minuit et où l’on invite la « bonne amie » de l’aïeule, on reste aussi rock’n’roll, en affirmant « c’est moi qui ai un cancer » et « je ne t’ai jamais aimé » avec le sourire, ou « toi tu comptes pas », avant de s’en prendre une. Enfin, les interprètes de ce bal tragi-comique étincellent, des membres fidèles du pays des merveilles de Desplechin (Amalric, Devos, Roussillon, Girardot) aux néophytes (Poupaud, Consigny), et Catherine Deneuve règne de son aura terriblement humaine, quand elle s’emballe comme quand elle s’écroule. Eblouissant.
Organisation Cineco
Renseignements, expédition de la plaquette à domicile à chaque parution : un téléphone : 04 66 45 94 41
Adultes : 5 € ; enfants (- de 12 ans) : 3 € ; abonnement 4 places : 16 € |
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